FYSAKIS Pavlos

Grèce / Carte Blanche de Laura Sérani / 2011

" Land Ends "

Pour les Européens, la fin géographique se rapporte à la finalité, pas au commencement. Comme pour les frontières, dont la fonction a toujours été positive : définir leur (notre) monde. Mais comment est définie l’identité d’un Européen ? Quelle est sa limite ?

Pour essayer de trouver la réponse, je suis parti en voyage à Gavdos, en décembre 2006. Du sud au nord, de l’est à l’ouest de l’Europe… Lorsque je suis revenu du terme de mon voyage, à Sintra, au Portugal, en février 2008, j’avais toujours les mêmes questions à l’esprit.

Les quatre « fins » de l’Europe sont aussi différentes géographiquement que leurs habitants se ressemblent. Au Sud, Gavdos et sa morphologie frustre, au nord, Nordkapp et le blanc silence de la toundra, à l’ouest, Sintra la populaire et la splendeur de ses palais d’été, à l’est, l’Oural et le lourd héritage des goulags, les usines nucléaires et la région la plus radioactive du monde. Un seul dénominateur commun : les gens.

Facteur le plus important mais aussi le plus imprévisible. Qu’ils soient russes ou grecs, portugais ou norvégiens, les habitants des frontières semblent tous avoir été au plus profond d’eux-mêmes. Ils sont les gardiens de ces finitudes européennes, qui, finalement, pourraient être des commencements. (Pavlos Fysakis).